Une après-midi de consultation "médiation et souffrance au travail" dans un centre de santé parisien : quatre salariés essaient de comprendre pourquoi ils ont craqué.

 

Dans un centre de santé parisien, quatre salariés rencontrent une médiatrice et essaient de comprendre pourquoi ils ont craqué.
Dans un centre de santé parisien, quatre salariés rencontrent une médiatrice et essaient de comprendre pourquoi ils ont craqué.
Crédits : PHOTOPQR/OUEST FRANCE - Maxppp


Daniela Schwendener
est médiatrice auprès de salariés en difficulté. En 2005, elle a créé une consultation souffrance et travail dans un centre de santé parisien où elle reçoit une après-midi par semaine des personnes en mal de travailler. Suivant les principes de l’écoute empathique, avec neutralité et bienveillance, elle aide le salarié à reconstituer ce qu’elle appelle "l’historicité de la dégradation des conditions de travail". En somme, quels étapes et mécanismes ont mené à la crise, au burn out, à l’arrêt maladie. La médiatrice fait le lien avec l’inspection du travail, la médecine du travail et éventuellement la justice prud’hommale.

Nous assistons à une après-midi de consultation, où ce qu’on entend relève de souffrances psychologiques mais dont les causes ne sont pas forcément de même nature : organisation du travail, méthode de management, fonctionnement des ressources humaines.

Madame S. est en arrêt maladie depuis neuf mois. La raison : à son retour de congé maternité, ses collègues commencent à la harceler continuellement, jusqu’à lui rendre son travail insupportable. La médiatrice lui conseille de faire reconnaître ce harcèlement comme un accident du travail, ce qui pousserait ses supérieurs, passifs jusque-là, à chercher une solution. 

Je sortais du boulot la boule au ventre, me demandant ce que mes collègues me feraient le lendemain.

La deuxième patiente de la consultation est assistante commerciale dans une entreprise de téléphonie mobile. Elle ne travaille plus depuis six mois, suite à un burn out.

J’étais comme une machine, je ne pensais plus qu’au travail.

Monsieur R. travaille quant à lui depuis vingt-trois ans dans une entreprise de BTP. Responsable d’équipe sur un chantier, la situation est tendue avec certains membres de son équipe. Un jour, il est roué de coups par ces derniers. Mais son entreprise ne réagit pas. Il est depuis contraint de travailler chaque jour avec ses agresseurs. Pour lui, en ne réagissant pas, l’entreprise espère le faire craquer.

La direction voudrait me liquider et nommer leurs copains à ma place.

Madame B. est aide-soignante. Au bout de trente ans de travail, la passion qui l’animait au début de sa carrière s’est transformée en une immense frustration devant la dégradation des soins dans l’hôpital public. Il y a déjà quelques années, elle a cessé de travailler suite à une violente altercation avec un médecin.

Un hôpital devrait être irréprochable. Accepter toutes ces failles, c’était insupportable. 

  • Reportage : Delphine Saltel
  • Réalisation : Christine Diger (et François Caunac)

Première diffusion le 25/04/2016.

Chanson de fin :  "Heartbeat Detector" par Syd Matters - Album "La Question Humaine" (2007).


SCERAO-CFDT

2 mai 2026

SCERAO-CFDT
  • Interview BFM Lyon - Estelle Delaune

    Retrouvez ICI l'interview de la Secrétaire Générale du SCERAO sur BFM Lyon.

    - Actualités
  • Pour son 1er afterwork de l'année, le SCERAO a fait des heureux !

    Pour son 1er afterwork de l'année, le SCERAO a fait des heureux !
    Une quarantaine d'adhérents est venue ce mardi soir partager un moment de détente et d'échanges conviviaux.
    Pour certains c'était une première visite dans les locaux du syndicat, pour d'autres ce fut l'occasion de se retrouver et de discuter autour des sujets du moment (PSE DOMO, Grève Michelin...).
    L'objectif pour le SCERAO était de proposer à nos adhérents d'autres modalités de rencontre et de construire du collectif (…)

    - Actualités
  • Actualité Mitsubishi : la grève a porté ses fruits

    A l'appel de la CFDT, les salariés de Mitsubishi se sont mis en grève jeudi 9 et vendredi 10 avril pour réclamer des conditions de départ dignes et acceptables
    Les salariés de Mitsubishi, en grève depuis le 8 avril, n'ont rien lâché. Portés par leurs élus CFDT et une équipe soudée, leurs revendications étaient pourtant claires, simples et raisonnables depuis le 7 avril, date de l'avant dernière réunion de négociation, mais leur Direction a tout rejeté. Avant d'aborder la dernière réunion (…)

    - Actualités